Post num 606
09/04/2020
Rubrique Pensée du jour [Interdictions absurdes et volontariat absurde]

J24 - Faut-il tracer pour déconfiner ?

Si c'est pour savoir si on sort plusieurs fois par jour, ou 67 mn au lieu de 60, ou si on achète seulement une baguette, je dis non.

Si c'est pour avoir une meilleure voire bonne visibilité de la contamination, et donc pouvoir envisager des stratégies efficaces, je dis oui.

Et dans ce cas ce ne devrait pas être du volontariat, mais un impératif.
Mais à condition qu'il n'y ait pas de dérive du système...et ça c'est pas gagné !..c'est même plutôt perdu d'avance.

Dans l'absolu une absurdité totale d'un choix à la carte concernant un problème majeur (encore une fois si c'était fait uniquement pour contrôler l'épidémie, pas autre chose !), et d'interdictions/obligations idiotes diverses et variées en fonction d'enjeux imbéciles et de QI insuffisant de certaines de nos autorités


https://www.huffingtonpost.fr/entry/stopcovid-vers-une-application-de-tracage-basee-sur-le-volontariat_fr_5e8d69b6c5b6e1d10a6bd727?utm_hp_ref=fr-homepage



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Et quid de la liberté individuelle par rapport à l'intérêt collectif ? (grand sujet de philo, isn't it ?) le débat est intéressant


Camus - dans La Peste:

"Tout individu, en fonction de ses qualités et de ses possibilités, doit faire son métier d’homme, c’est-à-dire «essayer au moins de ne pas propager volontairement le microbe»"

N'est ce pas dire sacrifier un peu, ou plus, de sa liberté individuelle, y compris via une traçabilité potentiellement dérangeante, pour préserver autrui, et limiter la pérennité de l'épidémie ?


Proudhon: Confessions d’un révolutionnaire:

La liberté est de deux sortes :

- Simple, c’est celle du barbare, du civilisé même qui ne reconnaît d’autre loi que celle du Chacun chez soi, chacun pour soi.

- Composée, lorsqu’elle suppose, pour son existence, le concours de deux ou plusieurs libertés.

- Au point de vue barbare, liberté est synonyme d’isolement : celui-là est le plus libre dont l’action est la moins limitée par celle des autres ; l’existence d’un seul individu sur toute la face du globe donnerait ainsi l’idée de la plus haute liberté possible.

– Au point de vue social, liberté et solidarité sont termes identiques : la liberté de chacun rencontrant dans la liberté d’autrui, non plus une limite, comme dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1793, mais un auxiliaire, l’homme le plus libre est celui qui a le plus de relations avec ses semblables.

Ces deux manières de concevoir la liberté s’excluant l’une l’autre, il en résulte que la liberté du sauvage ne peut pas être rationnellement et justement revendiquée par l’homme vivant en société : il faut choisir".