| 32 Chaque été à Penthièvre (56)
Côté Baie: Les campeurs
Dans le camping municipal très bien situé quasiment sur la plage, côté baie, mais sans piscine ou autre infrastructure, donc peu cher;
Le campeur (ou la campeuse) moyen(ne) est souvent affecté d'une surcharge pondérale certaine, et affublé de vêtements réduits dont les dimensions sont inversement proportionnelles à sa surface corporelle.
le matin les campeurs se lèvent tard, petit déjeunent au vu de tous dans des tenues négligées; ensuite ils revêtent leurs slips de bain un peu minuscules et leurs débardeurs, dévoilant leurs anatomies blanchâtres,rosâtres ou violacées, sautent dans leurs tongs qui font clap clap, se coiffent de couvres chef improbables et peu seyants et partent au supermarché en traînant les pieds (forcément avec les tongs et autres savates) faire le plein d'anisette et de cubis de rosé bon marché, de saucisses et brochettes, et de biscuits apéros qui font 4000 calories aux 100 gr.
Vers 14h00 le campeur déjeune de frites chaudes et de rosé tiède, toujours devant son campement plein de bassines pleines de la vaisselle de la veille;
Vers 16h00, la campeuse munie de ses bassines pleine de vaisselle sale va faire la queue aux lavabos avec toutes les campeuses qui ont précisément les mêmes horaires. Ensuite, vaisselle faite ou reportée au lendemain suite impossibilité d'accéder aux lavabos en raison de la foule, sieste, non pas sur la plage (magnifique et déserte) mais sur des transats en plastique devant leur niche de toile, toujours bien en vue, répandus comme des otaries molles(cf Dali, qui aurait très bien pu dessiner aussi des otaries molles).
Les campeurs vont parfois sur la plage entre 17h45 et 18h22, si la mer est haute (ne pas oublier qu'en Bretagne la marée conditionne la plupart des activités, baignade, planche, pêche à pied etc)
Ensuite c'est l'heure des regroupements de voisins (globalement 3m au maximum entre les niches) devant le sacro saint "petit jaune" qui ne se démode pas, avec une partie de pétanque pour les plus téméraires.
Les ados s'emmerdent ou draguent, près de la cabane à frites, et ne lâchent surtout pas leurs AiePhones ni des mains ni du regard, les bébés hurlent, les enfants se précipitent n'importe comment dans les allées avec ou sur leurs vélos, ils s'appellent Enzo ou Sue Ellen, ou encore Ryan ou Nabila ou Djonny, les vieillards sont absents, vraisemblablement casés pour l'été dans des unités de stockage de vieux (expression de mon vénérable père)
Côté Océan: les familles qui ont des maisons de famille
C'est plus chic, il y a des dériveurs qu'on se lègue de génération en génération, des planches de surf, des canoes, des familles idéales, avec au moins 3 enfants blonds qui s'appellent Hubert, Marie Caroline ou Charles Alexandre, habillées de bleu marine et blanc, quelques rayures parfois mais rien d'ostentatoire;
Les bermudas sont beige, de la bonne longueur, le débardeur n'est pas de mise, on porte des polos blancs ou des chemises bleu clair, à manches longues retroussées, des petites robes Ralph Lauren ou Lacoste ou Liberty, avec un pull marine sur les épaules, et des chaussures de bateau qui ne font pas clap clap. Un panier d'osier qu'on a acheté au marché local remplace le sac super U, ni bob ni casquette, le cheveu est épais, les mèches blondes et salées.
Les enfants ne hurlent pas, disent merci et s'il vous plaît; quelques vieillards élégants et bronzés sourient poliment en ne pouvant pas s'asseoir parce que la plage est trop basse, et qu'il ne pourraient se relever, les ados font de la voile et du surf sans leur AiePhone, et se donnent rendez vous le soir au Club House, ou chez leurs amis Marie Clotilde et Louis Nicolas.
Je ne tirerai aucune conclusion de ces observations, sinon que chacun dans sa catégorie semble vraiment profiter des vacances, le campeur globalement peut être plus souriant que les dames de l'océan.
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